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Qu’il est rare de voir la firme aux grandes oreilles nous proposer des films d’horreur tels que « La Proie d’une Ombre » dans les salles obscures. En effet, habituée à nous abreuver de productions plutôt familiales, The Walt Disney Company n’en est cependant pas à son coup d’essai avec le genre.
Si le label Disney a pu nous proposer des productions comme « Les Yeux de la Forêt » ou « La Foire des Ténèbres » aux ambiances horrifiques, c’est véritablement avec ses filiales Touchstone Pictures et Hollywood Pictures que Disney a réussi à faire entrer cette catégorie dans son empire. Avec le rachat de 21st Century Fox en 2019 et de ses studios 20th Century Studios et Searchlight Pictures, il y a fort à parier que Disney exploite davantage ce type de production.
« La Proie d’une Ombre » inaugure donc cette nouvelle incursion de The Walt Disney Company via Searchlight Pictures dans le genre du film d’horreur psychologique. Un film qui devrait trouver son public.

Synopsis :
Déchirée par la mort brutale de son mari, Beth se retrouve seule dans la maison au bord du lac qu’il avait construite pour elle. Elle s’efforce de faire face, mais d’inexplicables cauchemars font leur apparition. Dans de troublantes visions, une présence insaisissable semble l’appeler... Contre l’avis de ses amis, Beth commence à fouiller dans les affaires de son mari, en quête de réponses. Elle va découvrir des secrets aussi étranges qu’inquiétants, et un mystère qu’elle va, malgré les risques, tenter d’élucider...

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« La Proie d’une Ombre » n’est pas à proprement parlé un film d’horreur, mais plutôt un thriller psychologique, qui grâce au talent du réalisateur David Bruckner arrive à retenir l’attention du spectateur du début à la fin. Chaque séquence ajoute un peu plus de mystère à l’histoire, tout en étant  également ponctuées de jumpscares efficaces et parfaitement amenées. Qui plus est, l’environnement inquiétant dans lequel évolue l’héroïne, ainsi que le rythme effréné du long-métrage, créé auprès du spectateur une certaine fascination, lui procurant l’envie d’en savoir plus sur cette mystérieuse entité qui semble en vouloir à Beth. « La Proie d’une Ombre », de par ses nombreux indices cachés tout au long de ses 110 minutes, est un véritable puzzle que l’on essaye d’assembler jusqu’au dénouement final. Le public se sentira alors complétement impliqué et se délectera de ces belles idées de mise en scène.

Si l’ensemble s’avère plutôt convaincant, le fond du récit est en fait assez creux. En effet, la vraie problématique, si on exclue une fin trop rapide, est que la clé de tout ce mystère est dévoilée comme ça, au détour d’un dialogue tout à fait anodin. Un comble donc pour un récit de ce genre…
Cette révélation aurait pu être mise en scène de façon beaucoup plus travaillé et aurait fait gagner encore plus en qualité le film. Ainsi on aurait pu mieux  comprendre l’intérêt de ces dangereuses entités à s’introduire chez Beth, et accessoirement pourquoi il ne lui a jamais traversé l’esprit de fuir la maison.
Cette dernière interrogation pourrait éventuellement se comprendre d’un point de vue scénaristique, dans le but de proposer du suspense. Dommage, on aurait peut-être préféré que le réalisateur soigne son récit afin qu’il soit plus abouti. L’idée d’une réalité alternative (l’au-delà ?) est également très bonne, mais là aussi elle ne va jamais au bout de son propos, et aurait vraiment mérité un meilleur traitement.

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Le personnage de Beth est quant à elle magistralement interprété par l’actrice Rebecca Hall (« Godzilla Vs Kong », « Vicky Cristina Barcelona »), qui porte ici littéralement le long-métrage. Passant par les émotions les plus extrêmes, la prestation de Rebecca Hall est impressionnante et participe à l’ambiance angoissante de l’opus.
Enfin, la musique est signée Ben Lovett, assez anecdotique, offre cependant quelques notes à faire froid dans le dos.

« La Proie d’un Ombre » est un thriller psychologique efficace, savant mélange d’horreur et de fantastique, qui saura donner à ses spectateurs une bonne dose de frissons, sans pour autant jouer sur le côté macabre. Si dans l’ensemble « La Proie d’une Ombre » est plutôt surprenant, offrant une belle mise en scène et un renouvellement bienvenu du genre romantico-horrifique, le fond du récit aurait quant à lui mérité plus d’approfondissement de la part du réalisateur David Bruckner, surtout lorsque le long-métrage à pour thèmes le deuil, la mort et l’au-delà.
Malgré ses quelques facilités scénaristiques « La Proie d’un Ombre » s’avère être captivant du début à la fin, et procurera à ses spectateurs une bonne dose de frissons.