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C'est le grand Tim Burton (que l’on ne présente plus) qui réalise « Miss Peregrine et les Enfants Particuliers », adaptation tiré du premier roman de Ransom Riggs, publié en 2011.
Le livre a connu un succès immédiat et atteint la première place sur la liste des meilleures ventes du New York Times, dans laquelle il est resté classé pendant des années. Il s’est vendu à plus de 3,1 millions d’exemplaires. Une suite, « Hollow City », a été publiée en 2014, bientôt suivie par le dernier livre de la trilogie, « La Bibliothèque des âmes ».
Un retour aux sources donc pour Tim Burton, qui après le très moyen « Big Eyes », signe ici un conte fantastique et onirique, qui plaira à coup sûr aux petits comme aux grands !

Synopsis : À la mort de son grand-père, Jake découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jake découvre que seule sa propre «particularité» peut sauver ses nouveaux amis.

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Bien que Tim Burton se contente ici d’en faire une adaptation assez fidèle, « Miss Peregrine et les Enfants Particuliers » récupère, pour son passage sur grand écran, l’univers fantasmagorique du maître de l’étrange, qui pour le coup fonctionne très bien, et donne à cet univers une identité. 
Ce long-métrage regorge de décors, tous plus beaux les uns que les autres. Du petit port gallois, aux landes ; de la magnifique Maison des Particuliers à Blackpool, tout ici dégage une atmosphère mystérieuse et gothique propre au réalisateur, et que l’on a bonheur à retrouver et surtout à découvrir au fur et à mesure que l’action se déroule sous nos yeux. 
Néanmoins, le décor ne fait pas tout, et les spectateurs découvriront vite que le film a du mal à se tenir. Car oui, le problème est là, la dernière demi-heure nous gâche un peu le plaisir que l’on avait pendant le reste du film à suivre un récit qui s’installait tout doucement. Le réalisateur joue donc avec la facilité à la fin de son œuvre, en accélérant le rythme, au risque de perdre tout ce mystère qui jusque-là enveloppait le récit.

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Niveau casting, seul Eva Green, arrive à tirer son épingle du jeu, majestueuse dans son rôle de Miss Preregrine, personnage intrigant et parfois mystérieux ; elle représente autant une figure maternelle pour les jeunes dont elle s’occupe qu’un adversaire terrifiant pour ceux qui les menacent. 
Nous retrouvons aussi dans le casting adulte : Samuel L. Jackson dans le rôle du méchant Barron, que l'on aurait voulu plus charismatique. 
Terence Stamp, interprète Abe, le grand-père adoré de Jake, qui partage bien plus de choses avec son petit-fils que le jeune homme n’aurait pu l’imaginer. Ce sont en effet les indices semés par Abe qui déclenchent l’aventure « particulière » de Jake.
La célèbre Judi Dench incarne Miss Avocet, une autre figure adulte importante de l’histoire. Comme Miss PeregrineMiss Avocet est une ombrune. 
Pour ce qui est du casting côté enfants, nous retrouvons Asa Butterfield, qui incarnait le rôle principal d’Hugo dans le film de Martin Scorsese « Hugo Cabret ». Il interprète avec sobriété le jeune Jake, un garçon ordinaire qui va découvrir qu’il est en réalité extraordinaire pendant son voyage à la recherche du passé de son grand-père. 
Le reste du casting enfants, est composé de : Ella Purnell qui interprète Emma, et qui a le pouvoir de manipuler l’air. Finlay MacMillan est Enoch, qui peut donner vie temporairement à des objets inanimés. Lauren McCrostie est Olive, qui doit porter de longs gants noirs en permanence car elle enflamme tout ce qu’elle touche. Pixie Davies est Bronwyn, la plus jeune et de loin la plus forte des ParticuliersGeorgia Pemberton est Fiona, qui a le pouvoir de manipuler la croissance des plantes. Raffiella Chapman est Claire qui possède une collection de dents aiguisées comme des lames de rasoirs derrière la tête. Milo Parker est Hugh, ce résident doit porter un masque d’apiculteur pour empêcher l’essaim d’abeilles qui vit en lui de semer la pagaille chez ses amis. Hayden Keeler-Stone est Horace, qui possède la particularité de faire des rêves prophétiques. Cameron King  est Millard, qui a le don d’être invisible, et enfin Thomas et Joseph Odwell interprètent Les Jumeaux, qui sont les plus mystérieux. Ils portent des masques qui cachent leurs visages, ils sont muets et leur particularité cachée ne surgit que dans les situations les plus dangereuses.
À part Eva Green et Asa Butterfield donc, le reste du casting paraît assez fade car visiblement, il y a trop de personnages présents à l’écran, ce qui créé donc une grande inégalité entre eux, Burton n’ayant apparemment, pas réussi à gérer et à développer sa multitude de personnages comme il le fallait.

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La trame de fond de « Miss Peregrine et les Enfants Particuliers » parle de sujets auxquels le réalisateur est attaché, dont un en particulier qui pourrait faire penser à « Edward aux Mains d’Argent ». Le sujet en question, est bien celui de l’exclusion de personnes doté de handicaps, ou plus particulièrement doté de facultés sortant de l’ordinaire. Bref les admirateurs de Burton ne seront pas dépaysés et retrouveront avec bonheur cet univers dont lui seul à le secret. 
Les effets spéciaux sont quant à eux réussi, et l’on retiendra surtout la scène finale, véritable hommage à Ray Harryhausen, dans l’animation des squelettes. Un petit côté rétro bienvenu, qui donne au film un rendu un peu plus authentique. 
Pour la partition, ce n’est pas Dany Elfman qui la signe cette fois-ci, mais Mike Higham. Le compositeur, nous offre un univers musical propre au long-métrage, mélangeant mystère et terreur.

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Essayant de faire oublier ses précédentes productions qui se sont avérées décevante, Tim Burton a encore bien du mal à être au sommet de son art, comme il l’était au début de sa carrière. Malgré ses défauts, « Miss Peregrine et les Enfants Particuliers », n’est pas une catastrophe et reste un très bon divertissement, qui plus est, proposant de bonnes idées de mise en scène, le cinéaste gardant son talent inégalable de conteur. 
Toute la famille passera à coup sûr un excellent moment, et se laissera emporter par cette aventure magique, à l’univers unique, que l’on aimerait tous, au moins vivre une fois dans sa vie !